Mercredi 14 juillet 2010
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Cette jolie balade nous fait redécouvrir ces trésors de la nature qui sont autour de nous, nous invite à nous arrêter un peu pour voir l’imperceptible …
A quelques kilomètres du Hameau des Coquelicots, Lectoure, une petite bourgade du Gers, accueille depuis 1994 Henri et Denise Lambert, qui ont redécouvert l’or bleu, Le Pastel, qui a fait la
richesse de cette région au XVI ième siècle.
Dès l'Antiquité, les Egyptiens teignaient au Pastel, Isatis tinctoria, les bandelettes dont ils emmaillotaient leurs momies.
Le Moyen-Age, à son tour, reconnut ses vertus médicinales et cicatrisantes. Selon les archives marseillaises ce sont les Maures qui introduisirent le Pastel dans tout le sud de l'Europe.
Le début du XVe siècle le vit fleurir en Angleterre, alors que quelques temps plus tard, les pays du nord se spécialisent dans la teinture en redécouvrant les propriétés tinctoriales de cette
plante.
En France, à la Renaissance, l'Occitanie enfante le légendaire Pays de Cocagne et Toulouse s'impose au coeur du commerce européen du bleu. Ceux qui deviendront les plus célèbres négociants
pasteliers de l'histoire s'y installent, accumulant des fortunes extraordinaires et bâtissent des hôtels pasteliers dans la ville rose.
Cependant leur puissance aussi fulgurante qu'éphémère ne surmontera pas les incidents de l'histoire. Ainsi les guerres de religion et l'arrivée de l'Indigo importé des Indes plongent le midi
toulousain dans le marasme. La culture du Pastel connait son premier déclin.
Au début du XIXe siècle, Napoléon Ier créa une école expérimentale à Albi pour l'extraction de la fécule colorante des feuilles de pastel. Les recherches aboutirent à la réduction du temps
d'extraction de la couleur, passant de 8 mois à quelques jours. Tous les soldats de l'Empire seront habillés en bleu de Pastel. Le milieu du XIXe siècle abandonne définitivement l'utilisation du
Pastel, tout comme l'arrivée des colorants de synthèse au XXe siècle feront oublier la Garance et l'Indigo.
Isatis tinctoria est une crucifère, bisannuelle. Les feuilles étaient récoltées en septembre et amenées chez le meunier pastelier où elles étaient écrasées sous une meule, pour produire une pâte
végétale qui était laissée à fermenter pendant huit semaines.
A partir de là, les mouleurs venaient mouler à la main des boules de la taille d'un pamplemousse. Ces boules se nomment des "Cocagnes". Elles seront mises à sécher durant quatre mois et ainsi
deviendront dures, noires et plus petites et ainsi plus faciles à transporter. Sous cette forme, le pigment bleu se conserve quelques mois et peut donc faire l'objet d'un commerce
international.